{"id":5412,"date":"2023-01-20T10:56:47","date_gmt":"2023-01-20T09:56:47","guid":{"rendered":"http:\/\/observatoire-asap.org\/?p=5412"},"modified":"2023-03-24T16:52:52","modified_gmt":"2023-03-24T15:52:52","slug":"la-relocalisation-culturelle-exception-culturelle-souverainete-et-bioregionalisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/observatoire-asap.org\/index.php\/2023\/01\/20\/la-relocalisation-culturelle-exception-culturelle-souverainete-et-bioregionalisme\/","title":{"rendered":"La relocalisation culturelle : exception culturelle, souverainet\u00e9 et bior\u00e9gionalisme"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">La crise sanitaire et \u00e9conomique de la Covid fait monter l\u2019id\u00e9e de la relocalisation, s\u2019av\u00e8re un choix politique visant \u00e0 prot\u00e9ger l\u2019\u00e9cologie, la culture, l\u2019\u00e9conomie, le social ou la d\u00e9mocratie. Le bior\u00e9gionalisme consiste actuellement dans la recherche d\u2019une relocalisation, mais principalement pour des raisons \u00e9cologiques et culturelles. Ce sont deux dimensions soci\u00e9tales fond\u00e9es d\u00e9fendues \u00e0 la fois par les conservateurs et les progressistes, les traditionnalistes et les alternatifs \u00e9cologistes, la droite et la gauche. Par contre, chacun de ces courants disposent de visions diff\u00e9rentes sur la culture et l\u2019\u00e9cologie et entreprennent des politiques et des actions relativement oppos\u00e9es. la relocalisation renforce aussi la souverainet\u00e9 et permet aussi de prot\u00e9ger ses biens culturels. La culture s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire pour la construction psychologique des enfants, des peuples et la coh\u00e9sion territoriale derri\u00e8re un grand r\u00e9cit parfois objectif et parfois l\u00e9gendaire. Cependant, la culture peut aussi d\u00e9river, vers une approche partisane, communautaristes, nationalistes. C\u2019est pourquoi, il s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire d\u2019oser aborder ces questions sans les refouler, sans d\u00e9ni, sans omettre ces difficult\u00e9s, afin parvenir ensuite \u00e0 une analyse et des propositions politiques \u00e9quilibr\u00e9es qui permettent l\u2019autonomie sans \u00e9go\u00efsme, la protection int\u00e9rieure sans domination ext\u00e9rieure, la construction personnelle sans l\u2019imposition des autres et finalement parvenir \u00e0 un \u00e9quilibre entre libert\u00e9 culturelle et \u00e9galit\u00e9 culturelle. Or, libert\u00e9 et \u00e9galit\u00e9 s\u2019av\u00e8rent les deux principaux piliers de l\u2019ordre d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Il existe plusieurs courants du bior\u00e9gionalisme, incluant la dimension g\u00e9ographique et culturelle et gouvernementale.<\/em><\/strong> Avec son concept de \u00ab\u00a0bior\u00e9gion urbaine\u00a0\u00bb l\u2019urbaniste Alberto Magnani \u00ab\u00a0r\u00e9invente la ville\u00a0\u00bb et veut faire la promotion d\u2019un \u00e9cologie culturelle autour de trois grands axes. 1) Il cherche \u00e0 harmoniser la ville avec les biens communs naturels (terre, eau, for\u00eat&#8230;) et les caract\u00e9ristiques naturelles (g\u00e9ologiques, hydrologiques, \u00e9cologiques du lieu, le paysage&#8230;). 2) Il prend en compte l\u2019histoire, la culture (infrastructures) et les savoirs locaux, les techniques de construction traditionnelle (telles les terrasses cultiv\u00e9es \u00e0 flanc de montagne en Ligurie, qui pr\u00e9servent des d\u00e9ferlements de boue), mais en relation avec la technologie d\u2019aujourd\u2019hui. 3) Il fait aussi la promotion de l\u2019autogouvernement de la bior\u00e9gion par la d\u00e9mocratie participative, voire l\u2019autogestion d\u00e9mocratique, dans une perspective d\u2019autonomie<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Son approche ne s\u2019av\u00e8re pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 du municipalisme de Bookchin, mais sans sa dimension \u00e9conomique \u00e9cocommuniste anticapitaliste. On peut sans doute classer le bior\u00e9gionalisme de Magnani, dans une \u00e9cologie sociale-d\u00e9mocrate \u00e9conomiquement et f\u00e9d\u00e9raliste autogestionnaire d\u00e9mocratiquement. Magnani entend donc d\u00e9passer la dichotomie entre le territoire conserv\u00e9 (le patrimoine) et le territoire livr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomie marchande. Pour y parvenir, il propose un f\u00e9d\u00e9ralisme alimentaire, c\u2019est \u00e0 dire le recherche de l\u2019autonomie alimentaire, gr\u00e2ce \u00e0 une agriculture urbaine et p\u00e9riurbaine. Cependant, cela ne s\u2019av\u00e8re r\u00e9alisable qu\u2019avec des villes relativement petites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, qu\u2019il existe des \u00e9cologies multiples politiques, il n\u2019existe pas un bior\u00e9gionalisme unifi\u00e9, mais des bior\u00e9gionalismes de droite, d\u2019extr\u00eame droite, du centre et de gauche et d\u2019extr\u00eame droite. Mathias Rollot consid\u00e8re qu\u2019on peut observer aussi des bior\u00e9gionalistes antisp\u00e9cistes, antiracistes, anticapitalistes, antid\u00e9terministes et antinationalistes<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Jonathan Olsen fait remarquer que ce qui diff\u00e9rencie le bior\u00e9gionalisme de gauche, de celui d\u2019extr\u00eame droite, c\u2019est qu\u2019il se pr\u00e9occupent de la dimension d\u00e9mocratique, qu\u2019il n\u2019associe pas les communaut\u00e9s bior\u00e9gionales aux Etats existants et qu\u2019il ne s\u2019av\u00e8re pas anti-immigration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Laurent Ozon est un homme politique d\u2019extr\u00eame droite. Il fut membre du bureau politique du Front National dirig\u00e9 par la famille Le Pen. Puis il a fond\u00e9 le parti localiste \u00ab Maison Commune \u00bb, dans une perspective, localiste, bior\u00e9gionaliste ethniciste et essentialiste. Il d\u00e9fend de plus un \u00ab\u00a0protectionnisme localiste \u00bb. C\u2019est \u00e0 dire un localisme dont le protectionnisme se fonde sur des \u00e9chelles g\u00e9ographiques (tel le local, le r\u00e9gional&#8230;), plut\u00f4t que sur les fronti\u00e8res. Le point commun entre le localisme d\u2019extr\u00eame droite et la relocalisation solidaire rel\u00e8ve de la relocalisation. Par contre, la diff\u00e9rence fondamentale, c\u2019est que cette relocalisation ne se fait pas sur base essentialiste, ethniciste et donc raciste. D\u2019autre part, la relocalisation solidaire suppose une redistribution des richesses en direction des plus pauvres et vise une diminution de l\u2019impact environnemental li\u00e9 aux transports.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Olsen estime que les bior\u00e9gionalistes expliquent principalement les probl\u00e8mes environnementaux par l&rsquo;\u00e9loignement et le non-respect avec les lois naturelles<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[3]<\/a>. Cependant, il peut s\u2019agir des lois naturelles de la biologie v\u00e9g\u00e9tale et de la g\u00e9ologie. Sur ce point, il y a un pourtant un consensus des bior\u00e9gionalistes et de la vision de l\u2019\u00e9cologie classique, telle celle du parti \u00ab\u00a0Les Verts\u00a0\u00bb ou des scientifiques environnemtalistes. Par contre, les \u00e9cologistes de gauche consid\u00e8rent que les structures sociales et culturelles sont aussi \u00e0 la source des probl\u00e8mes environnementaux et qu\u2019il ne s\u2019agit pas uniquement le non-respect des lois naturelles et encore moins de lois spirituelles li\u00e9es \u00e0 un lieu. Cependant, la prise en compte de ces derni\u00e8res ne concerne que les bior\u00e9gionalistes spiritualistes. De plus, le bior\u00e9gionalisme consid\u00e8re que les \u00e9cosyst\u00e8mes sont vivants. Cependant, \u00e0 nouveau, cette vie peut se limiter \u00e0 sa dimension mat\u00e9rialiste et biologique \u00e0 l\u2019instar de l\u2019environnementaliste scientifique, ou cette vie peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e, comme r\u00e9gie par une \u00e2me qui pr\u00e9sident le vivant. C\u2019est cette derni\u00e8re approche, que suivent les animistes, qui consid\u00e8rent que la plan\u00e8te Terre \u00e0 une \u00e2me d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab\u00a0la Terre m\u00e8re\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0Pachamama\u00a0\u00bb en Am\u00e9rique du Sud, ou encore \u00ab\u00a0Gaia\u00a0\u00bb dans la culture occidentale. La Bolivie a m\u00eame inscrit cette conception de la \u00ab\u00a0Terre M\u00e8re\u00a0\u00bb dans son institution en 2010, lorsqu\u2019elle \u00e9tait dirig\u00e9e par Evo Morales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les tenants du bior\u00e9gionalisme spirituel, on compte, la su\u00e9doise Helena Norberg Hodge, l\u2019Am\u00e9ricain Kirkpatrick Sale. Dans cette approche, il existe un g\u00e9nie du lieu au sens culturel ou au sens spirituel<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[4]<\/a>. C\u2019est \u00e0 dire que le lieu disposerait d\u2019un \u00e2me propre, d\u2019un g\u00e9nie, \u00e0 l\u2019instar de la pens\u00e9e chamanique. Cette approche s\u2019inscrit dans l\u2019\u00e9cologie spirituelle et dans une part de l\u2019\u00e9cologie profonde. Cette vision spiritualiste du lieu est critiqu\u00e9e par la g\u00e9ographe Dianne Meredith de l\u2019universit\u00e9 de Californie. Elle estime que les lieux n\u2019ont pas d\u2019\u00e2me, pas d\u2019entit\u00e9 vivante qui les d\u00e9terminent. Dianne Meredith s\u2019oppose \u00e0 cette vision de la \u00ab\u00a0g\u00e9ographie g\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb, sa dimension bio-culturelle, l\u2019id\u00e9e qu\u2019un peuple serait d\u00e9termin\u00e9 par les climats et l&rsquo;environnement naturel, \u00ab\u00a0un g\u00eane du lieu\u00a0\u00bb, voir une g\u00e9nie du lieu, \u00e0 l\u2019instar de la vision chamaniste. Dianne Meredith critique la vision de la \u00ab\u00a0r\u00e9gion unitaire\u00a0\u00bb culturellement, puisque que les r\u00e9gions se composent d\u2019identit\u00e9 multiple. De plus, que les zones culturelles sont difficiles \u00e0 d\u00e9limiter, car chaque personne et chaque communaut\u00e9 se composent d\u2019identit\u00e9s multiples<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[5]<\/a>. Concernant l\u2019individu, elle s\u2019oppose \u00e0 la vision de \u00ab\u00a0l&rsquo;identit\u00e9 singuli\u00e8re\u00a0\u00bb, car elle consid\u00e8re que chaque individu est constitu\u00e9 de plusieurs cultures dans des proportions vari\u00e9es et non d\u2019un culture unique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dianne Meredith s\u2019oppose \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab r\u00e9gion naturelle \u00bb, car les cultures d\u00e9bordent g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9limit\u00e9s par les reliefs de la g\u00e9ographie. Par cons\u00e9quent, un lieu n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9 compl\u00e8tement par sa g\u00e9ologie et peut g\u00e9n\u00e9rer plusieurs cultures et non pas une seule. Tout au long de son histoire J\u00e9rusalem, la culture h\u00e9bra\u00efque a ainsi \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par la culture romaine, turque, musulman, chr\u00e9tienne, h\u00e9bra\u00efque \u00e0 nouveau&#8230; N\u00e9anmoins, ces cultures ont pris une forme et des expressions l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes des autres branches de leur culture, notamment \u00e0 cause de la g\u00e9ographie du lieu (l\u2019ensoleillement, les pr\u00e9cipitations, l\u2019altitude, l\u2019accessibilit\u00e9, les ressources du sol&#8230;). Chaque lieu dispose bien de caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res uniques, qui g\u00e9n\u00e8re une atmosph\u00e8re unique, un g\u00e9nie du lieu sp\u00e9cifique de nature g\u00e9ologique et v\u00e9g\u00e9tale (et non spirituel). Cela influe la vie, donc les pratiques et finalement la culture d\u2019un peuple. N\u00e9anmoins chaque peuple peut choisir librement de le teinter de ses propres choix culturels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le danger de l\u2019approche culturelle de la bior\u00e9gion consiste \u00e0 essentialiser un lieu. C\u2019est \u00e0 dire le fait de consid\u00e9rer que chaque lieu produirait qu\u2019un type de culture. Par cons\u00e9quent, chaque peuple appartiendrait \u00e0 un lieu, sa culture serait d\u00e9termin\u00e9e uniquement par le g\u00e9nie du lieu, l\u2019esprit de la place. Ce peuple en serait donc le propri\u00e9taire pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, tel un \u00e9lu de dieu pour les monoth\u00e9istes ou comme le d\u00e9terminisme du g\u00e9nie du lieu, de l\u2019esprit du lieu pour les animistes. Dans cette perspective, les \u00e9trangers ne sont pas les bienvenus, car ils viendraient perturber l\u2019identit\u00e9 culturelle locale. Nous ne sommes plus tr\u00e8s loin de l\u2019approche traditionnaliste et conservatrice de certains groupes d\u2019extr\u00eame droite, qui revendiquent par exemple une histoire exclusivement chr\u00e9tienne de la France ou de l\u2019Europe. Or, ils oublient parfois, qu\u2019ils existaient avant une culture chamaniste avec le peuple gaulois et celte. Auparavant, les populations m\u00e9galithiques qui ont b\u00e2tis auparavant les menhirs et les dolmens en France et en Europe \u00e9taient aussi animistes mais pas celte. Il y a aussi des mouvements d\u2019extr\u00eame droite qui revendiquent pour la France une origine celte, une culture pa\u00efenne, polyth\u00e9iste indo-europ\u00e9enne, telle la revue El\u00e9ments d\u2019Alain De Benoist.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, chaque lieu peut \u00eatre travers\u00e9 et voir fleurir des cultures vari\u00e9es tout au long de son histoire, m\u00eame si la g\u00e9ographie du lieu colore, influence, d\u00e9termine en partie seulement ces cultures. Pour un animiste l\u2019\u00e2me du lieu est pr\u00e9pond\u00e9rante, tandis que pour un mat\u00e9rialiste, les comportements humains sont r\u00e9gis par des d\u00e9terminismes culturels et socio-\u00e9conomiques, ou\/et par la libert\u00e9 humaine domine. En r\u00e9alit\u00e9, quelques soit les visions du monde, on observe, qu\u2019il existe toujours une part de d\u00e9terminisme g\u00e9ographique, social, \u00e9conomique et une part de libert\u00e9 culturelle pour chaque lieu, ville, r\u00e9gion, nation et continent. Sous l\u2019angle de la culture seule, c\u2019est \u00e0 dire sans la dimension \u00e9cologique, comment se d\u00e9cline la souverainet\u00e9 culturelle\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>La relocalisation culturelle, rel\u00e8ve de la souverainet\u00e9 culturelle et s\u2019exerce notamment par l\u2019exception culturelle. <\/em><\/strong>Cette derni\u00e8re dispose d\u2019une dimension politique, mais aussi juridique inscrite notamment \u00e0 l\u2019article 4 des accords commerciaux du Gatt d\u00e8s 1948, puis de l\u2019Organisation Mondiale du Commerce (OMC) actuelle. L\u2019exception culturelle manifeste la volont\u00e9 politique des pouvoirs publics de ne pas soumettre l\u2019ensemble de la culture nationale \u00e0 la libre concurrence exerc\u00e9e par les nations les plus puissantes, les \u00c9tats-Unis en t\u00eate. Car, ces derniers usent de l\u2019industrie culturelle, en particulier du cin\u00e9ma hollywoodien, comme d\u2019une arme \u00e9conomique, mais aussi id\u00e9ologico-culturelle. Ceci a \u00e9t\u00e9 th\u00e9oris\u00e9 par Nye sous le nom de \u00ab\u00a0soft power\u00a0\u00bb, le pouvoir doux de l\u2019id\u00e9ologie<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[6]<\/a>, \u00e0 la suite de la th\u00e9orie de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie id\u00e9ologique et culturelle de Gramsci. Cette strat\u00e9gie politico-culturelle permet aux grandes puissances, telle les USA, la France ou la Grande Bretagne de v\u00e9hiculer leur mod\u00e8le capitaliste lib\u00e9ral consum\u00e9riste, croissanciste, voire n\u00e9ocolonialiste. La France par exemple, m\u00e8ne une politique proactive de promotion de la francophonie, afin de se d\u00e9velopper \u00e9conomiquement et politiquement, via la langue et la culture fran\u00e7aise, en particulier dans ses anciennes colonies d\u2019Afrique, en Asie et dans le monde. Cependant, l\u2019influence des europ\u00e9ens se r\u00e9v\u00e8le moins puissante que celle des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique. D\u2019ailleurs, la France s\u2019av\u00e8re relativement fragile envers les USA, c\u2019est pourquoi depuis 1948, elle s\u2019est battue pour d\u00e9fendre le principe de l\u2019exception culturelle. Ce fut le cas avec Malraux en 1956, puis avec les diff\u00e9rents ministres de la culture qui lui ont succ\u00e9d\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Depuis 1948, dans les accords du Gatt (devenue l\u2019OMC en 1995), il existe une clause de sauvegarde permettant aux pays les plus pauvres de prot\u00e9ger leur industrie naissante, notamment dans le secteur cin\u00e9matographique, contre les compagnies hollywoodiennes. Cependant, en 1986 dans le cadre des accords l\u2019Uruguay Round \u00e0 l\u2019OMC cette clause a \u00e9t\u00e9 remise en cause gr\u00e2ce aux USA. Cependant, l\u2019Union europ\u00e9enne s\u2019y est oppos\u00e9e, mais uniquement dans le domaine culturel ! en h\u00e9sitant entre la clause d&rsquo;exemption, d&rsquo;exception, ou de sp\u00e9cificit\u00e9. Finalement, le 1993, elle a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9fendre la clause de sp\u00e9cificit\u00e9 culturelle. En 1994, \u00e0 l\u2019issu des n\u00e9gociations du Gatt, c\u2019est finalement, la clause d\u2019exception culturelle qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, en particulier gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action de la France. Ainsi, en France, il existe notamment les d\u00e9crets \u00ab\u00a0Tasca\u00a0\u00bb du 17\/01\/1990 imposant aux m\u00e9dias audio-visuels des quotas de diffusions des \u0153uvres fran\u00e7aises (40% depuis 1994), mais aussi europ\u00e9ennes. De plus, les d\u00e9crets les obligent d\u2019investir 3,2% de leur chiffre d&rsquo;affaires annuel \u00e0 la production d&rsquo;\u0153uvres cin\u00e9matographiques ou audiovisuelles fran\u00e7aises et europ\u00e9ennes. On voit qu\u2019au travers cette bataille juridique pour une r\u00e9gulation des lois du libre march\u00e9 \u00e9conomique de la cr\u00e9ation culturelle. Il s\u2019agit d\u2019une volont\u00e9 politique de prot\u00e9ger la souverainet\u00e9 nationale en mati\u00e8re culturelle, donc d\u2019une r\u00e9gulation de la production culturelle mondiale, afin de la relocaliser nationalement. Par cons\u00e9quent, prot\u00e9ger sa culture ne se r\u00e9v\u00e8le pas forc\u00e9ment d\u2019une politique identitaire, nationaliste et d\u2019extr\u00eame droite. En effet, France notamment l\u2019exception culturelle et la souverainet\u00e9 culturelle ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9fendue, par des gouvernements d\u00e9mocrates allant de la droite lib\u00e9rale avec De Gaulle, Pompidou, Chirac, aux keyn\u00e9siens de centre gauche, tels Mitterrand et les ministres Jack Lang ou Catherine Tasca, tous trois membres du parti socialiste. Il s\u2019av\u00e8re donc possible de d\u00e9fendre la souverainet\u00e9 culturelle, \u00e9conomique, sociale, \u00e9cologique et gouvernementale, sans verser dans la nationalisme guerrier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Une communaut\u00e9 a besoin de se r\u00e9approprier sa culture, en particulier lorsqu\u2019elle est domin\u00e9e<\/em><\/strong><em>. <\/em>En particulier, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une population soumise \u00e0 la colonisation (ou la n\u00e9ocolonisation) et qui est asservie par la domination \u00e9conomique, politique et culturelle du colonisateur. La culture, permet \u00e0 ses membres d\u2019\u00eatre fiers de leur culture, m\u00eame d\u2019une culture de la pauvret\u00e9, comme cela peut l\u2019\u00eatre dans certains pays non industrialis\u00e9s. Pour une communaut\u00e9 locale, r\u00e9gionale, nationale ou internationale, \u00eatre fier de sa culture favorise l\u2019autonomie, car elle permet de trouver confiance dans son propre potentiel. Elle favorise une meilleure r\u00e9ponse aux besoins des populations, car elle peut orienter l&rsquo;attention du gouvernement sur les pr\u00e9occupations essentielles du peuple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque peuple en d\u00e9veloppant ses qualit\u00e9s sp\u00e9cifiques, peut faire \u00e9merger ou retrouver dans sa culture, son identit\u00e9, son \u00ab\u00a0g\u00e9nie\u00a0\u00bb propre. La technologie appropri\u00e9e peut \u00eatre un moyen de d\u00e9couvrir des techniques sp\u00e9cifiques ou d&rsquo;adapter des technologies ext\u00e9rieures aux besoins du pays. La culture est notamment renforc\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;\u00e9ducation, l&rsquo;usage de la langue maternelle dans les manuels scolaires et par les enseignants, l&rsquo;appui sur les comp\u00e9tences humaines locales, la reconnaissance des traditions\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La culture se renforce gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement ou \u00e0 la red\u00e9couverte de sa culture, par le soutien \u00e0 l\u2019art local (ancien et nouveau), en faisant vivre les contes traditionnels, la mythologie (avec ses symboles profonds), les valeurs essentielles li\u00e9es \u00e0 cette culture, l&rsquo;appui sur les comp\u00e9tences humaines locales et leurs savoirs faire, l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;\u00e9ducation, par l&rsquo;usage de la langue maternelle dans les manuels scolaires et par les enseignants, etc. C\u2019est pourquoi la reconnaissance des traditions favorise l&rsquo;unit\u00e9 du pays et s\u2019av\u00e8re b\u00e9n\u00e9fique pour la coh\u00e9sion sociale. Car la tradition repr\u00e9sente majoritairement ce qui a fait ses preuves dans la dur\u00e9e, depuis des si\u00e8cles bien souvent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Cependant, tout n\u2019est pas juste, ni vrai dans la tradition, dans sa culture. Aussi faut-il faire preuve de discernement vis-\u00e0-vis de la tradition, m\u00eame si cela peut g\u00e9n\u00e9rer des conflits. Il faut savoir \u00e9viter les exc\u00e8s, car l\u2019abus de traditionalisme culturel peut nuire \u00e0 l\u2019\u00e9volution individuelle et collective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au plan culturel, l\u2019harmonie peut \u00eatre atteinte notamment en trouvant son point d\u2019\u00e9quilibre entre le local et le global. Il se situe entre la culture locale singuli\u00e8re (la libert\u00e9 culturelle de sa diff\u00e9rence) et la culture globale unitaire et uniforme, qui s\u2019av\u00e8re donc fond\u00e9e sur un ordre \u00e9galitaire culturel, un \u00e9quilibre entre la culture du centre et de la p\u00e9riph\u00e9rie, entre la culture individuelle et collective. Lorsqu\u2019on choisie de privil\u00e9gier uniquement le local, on se coupe des bienfaits de la diff\u00e9rence ext\u00e9rieure. En revanche, lorsqu\u2019on oublie sa culture locale, sa sp\u00e9cificit\u00e9, son estime de soi, son apport au collectif tend \u00e0 disparaitre. L\u2019ordre \u00e9galitaire culturel unitaire domine alors la libert\u00e9 culturelle local. Il existe donc un point d\u2019\u00e9quilibre \u00e0 trouver, pour chaque individu et collectivit\u00e9. Ce point d\u2019\u00e9quilibre peut se situer n\u2019importe o\u00f9, il rel\u00e8ve prioritairement d\u2019un choix politique et philosophique, m\u00eame s\u2019il peut s\u2019appuyer en partie sur des lois naturelles. Aux proportions d\u2019un 1\/2 (50\/50) on atteint l\u2019\u00e9quilibre \u00e9galitaire entre la culture locale et global. Mais, le point d\u2019\u00e9quilibre peut privil\u00e9gier plut\u00f4t la part de la culture unitaire sur la culture locale, avec 2\/3 ou 3\/4, etc. Cependant, le point d\u2019\u00e9quilibre peut \u00eatre choisi plut\u00f4t autour d\u2019un 1\/4, d\u20191\/5, etc. en fonction de ses choix politiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Chaque nation, chaque localit\u00e9 peut suivre sa propre voie de d\u00e9veloppement local.<\/em><\/strong> Nous venons de d\u00e9crire bri\u00e8vement le cercle vertueux form\u00e9 par ces trois principes du d\u00e9veloppement local et national, que sont l\u2019autonomie, les besoins essentiels et la culture locale. Ce mod\u00e8le d\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, dont s\u2019inspire \u00e0 pr\u00e9sent la \u00ab\u00a0d\u00e9croissance s\u00e9lective\u00a0\u00bb et la relocalisation \u00e9cosolidaire d\u00e9pend plus des obstacles \u00e0 lever, pour r\u00e9aliser ces projets politiques, que de solutions v\u00e9ritablement nouvelles \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Roy Preiswerk pr\u00e9cise que la d\u00e9finition de la \u00ab\u00a0strat\u00e9gie dissociative\u00a0\u00bb, (c\u2019est \u00e0 dire l\u2019autonomie \u00e9conomique et politique) la plus appropri\u00e9e \u00e0 chaque cas particulier, doit se faire selon les ressources disponibles, les conditions \u00e9cologiques et la situation \u00e9conomique de la collectivit\u00e9 concern\u00e9e. De plus, ces suites d&rsquo;hypoth\u00e8ses ne repr\u00e9sentent qu&rsquo;un mod\u00e8le id\u00e9al-typique, puisque certains pays n&rsquo;ayant pas suivis strictement ce mod\u00e8le parviennent \u00e0 se d\u00e9velopper correctement. \u00ab\u00a0Les strat\u00e9gies fond\u00e9es sur la satisfaction des besoins essentiels existent en combinaison avec l\u2019autonomie (Chine) aussi bien qu&rsquo;ind\u00e9pendamment (Taiwan). Il y a des cas de dissociation sans satisfaction des besoins essentiels (Ha\u00efti) aussi bien que des cas d&rsquo;association sans satisfaction des besoins essentiels (cas le plus fr\u00e9quent).\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[7]<\/a> En s&rsquo;appuyant sur ce mod\u00e8le de r\u00e9f\u00e9rence, chaque pays peut trouver sa propre voie de d\u00e9veloppement, en choisissant de privil\u00e9gier l&rsquo;un des trois p\u00f4les, en fonction de sa situation sp\u00e9cifiques et de ses choix. La technologie appropri\u00e9e rel\u00e8ve de la synth\u00e8se entre l\u2019autonomie \u00e9conomique et la culture locale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il faut diff\u00e9rencier relocalisation, souverainet\u00e9 et nationalisme. <\/strong>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 introduite par Bodin en 1526,<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[8]<\/a> la notion de souverainet\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finit juridiquement par le juriste Louis Le Fur, \u00e0 la fin du XIXe\u00a0si\u00e8cle. Ce dernier propose cette d\u00e9finition\u00a0: \u00ab\u00a0la souverainet\u00e9 est la qualit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat de n&rsquo;\u00eatre oblig\u00e9 ou d\u00e9termin\u00e9 que par sa propre volont\u00e9, dans les limites du principe sup\u00e9rieur du droit, et conform\u00e9ment au but collectif qu&rsquo;il est appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[9]<\/a>. Cependant Dardot et Laval estiment <strong>que \u00ab\u00a0la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat, <\/strong>n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019ind\u00e9pendance ou l\u2019autonomie. Telle qu\u2019elle s\u2019est construite en Occident, elle signifie que les repr\u00e9sentants de l\u2019Etat ont le pouvoir de s\u2019affranchir de toute obligation \u00e0 l\u2019\u00e9gard des citoyens (face interne), comme \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autres Etats ou des organisations internationales (face externe), ils sont \u2019\u2019\u00a0libres \u00e0 l\u2019\u00e9gard des lois\u00a0\u2019\u2019 (<em>ex legibus solutus<\/em>), selon la formule classique. (&#8230;) La souverainet\u00e9 de l\u2019Etat \u00e9l\u00e8ve l\u2019irresponsabilit\u00e9 au rang de principe\u00a0\u00bb selon ces deux chercheurs<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[10]<\/a>. Leur d\u00e9finition rel\u00e8ve donc \u00e0 la fois d\u2019un constat sociologique et d\u2019une volont\u00e9 politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a donc au moins trois visions ou d\u00e9finitions de la souverainet\u00e9 externe. C\u2019est \u00e0 dire que la souverainet\u00e9 d\u2019un Etat signifie, soit la capacit\u00e9 r\u00e9elle qu\u2019il a d\u2019\u00eatre absolument libre de respecter ou non les normes juridiques internationales, soit la volont\u00e9 (et non la capacit\u00e9 r\u00e9elle) de se fixer comme but cette libert\u00e9 absolue \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces normes. La diff\u00e9rence entre ces deux d\u00e9finitions r\u00e9side donc principalement entre la souverainet\u00e9 comme libre volont\u00e9 r\u00e9elle ou comme id\u00e9al de libre volont\u00e9 de l\u2019Etat. Cependant, la distinction entre souverainet\u00e9 comme id\u00e9al et comme r\u00e9alit\u00e9 reste relativement th\u00e9orique, car dans un monde mondialis\u00e9, dans la pratique aucun pays ne dispose actuellement d\u2019une totale souverainet\u00e9 vis \u00e0 vis des normes juridiques internationales. La parfaite souverainet\u00e9 d\u2019un Etat supposerait qu\u2019il soit localis\u00e9 sur une ile-Etat, sans qu\u2019aucune puissance ext\u00e9rieure plus forte que cet Etat, ne puisse y accoster. Dans un monde mondialis\u00e9, la souverainet\u00e9 parfaite, supposerait donc qu\u2019il faudrait non seulement que cet Etat, n\u2019ai rien sign\u00e9, mais surtout qu\u2019il soit compl\u00e8tement autonome \u00e9conomiquement des autres nations et surtout assez puissant pour repousser toutes tentatives militaires visant \u00e0 limiter sa souverainet\u00e9. La souverainet\u00e9 nationale rel\u00e8ve donc plus d\u2019un but, d\u2019un id\u00e9al, que d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te. C\u2019est pourquoi, nous ajoutons alors une troisi\u00e8me vision ou d\u00e9finition de la souverainet\u00e9\u00a0: la volont\u00e9 d\u2019un Etat d\u2019atteindre la plus grande libert\u00e9 possible et non d\u2019\u00eatre absolument libre vis \u00e0 vis de l\u2019ext\u00e9rieur et des autres Etats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a de surtout un conflit fondamental entre le principe de libert\u00e9 et de l\u2019ordre coop\u00e9ratif, entre la libert\u00e9 par la souverainet\u00e9 d\u2019un Etat vis \u00e0 vis des autres \u00c9tats et le principe de l\u2019ordre coop\u00e9ratif, telle le syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral des Nations Unies. Au plan de l\u2019id\u00e9al politique, il y a donc la possibilit\u00e9 choisir entre ces deux orientations. Mais dans la pratique, la pure libert\u00e9, la parfaite souverainet\u00e9 \u00e9tatique n\u2019existe pas. Les souverainistes de droite et de gauche ont donc en commun la volont\u00e9 d\u2019autonomie. Cependant, il semble les souverainiste de droite cherchent moins la coop\u00e9ration et encore moins la solidarit\u00e9 \u00e9conomique, que ceux de gauche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019autonomie peut s\u2019exercer dans la solidarit\u00e9 (qui rapproche de l\u2019\u00e9galit\u00e9) ou sans solidarit\u00e9 (ce qui renforce la libert\u00e9). Une politique visant l\u2019autonomie sans la solidarit\u00e9 peut \u00eatre \u00e9go\u00efste ou simplement une politique solitaire et indiff\u00e9rente. Une politique autonome \u00e9go\u00efste concerne une nation puissante qui refuse se montrer g\u00e9n\u00e9reuse, alors qu\u2019elle dispose des capacit\u00e9s de redistribuer ses surplus. Tandis qu\u2019une politique autonome solitaire concerne principalement des pays ne disposant pas de ressources suffisantes pour exercer v\u00e9ritablement une solidarit\u00e9 \u00e9conomique en particulier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est pourquoi, ce qui semble plus important, rel\u00e8ve moins de la distinction entre la souverainet\u00e9 r\u00e9elle ou id\u00e9ale, que de la diff\u00e9rence entre la souverainet\u00e9 dans la solidarit\u00e9 ou dans l\u2019\u00e9go\u00efsme, c\u2019est \u00e0 dire solidarit\u00e9 et de coop\u00e9ration envers les autres \u00c9tats. En effet, la souverainet\u00e9, lorsqu\u2019elle devient synonyme de libert\u00e9 et d\u2019autonomie, peut devenir irresponsabilit\u00e9, voire domination envers les nations les plus faibles. C\u2019est le cas, lorsque la souverainet\u00e9 vise \u00e0 s\u2019exon\u00e9rer de la coop\u00e9ration ou de la solidarit\u00e9 et donc qu\u2019elle s\u2019av\u00e8re surtout une souverainet\u00e9 \u00e9go\u00efste, plut\u00f4t qu\u2019une souverainet\u00e9 solidaire. De m\u00eame qu\u2019il existe un souverainisme de droite et de gauche, il existe une relocalisation \u00e9go\u00efste et une relocalisation solidaire, une relocalisation de droite et de gauche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Concernant, les d\u00e9cisions internes \u00e0 une nation, nous diff\u00e9rencions \u00ab\u00a04 grands syst\u00e8mes \u00e9conomiques de gouvernements d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb autour des axes que sont l\u2019Etat et la F\u00e9d\u00e9ration d\u2019un c\u00f4t\u00e9, puis la libert\u00e9 \u00e9conomique et l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique (la solidarit\u00e9) de l\u2019autre. De mani\u00e8re relativement comparable, mais cette fois dans le cadre des d\u00e9cisions gouvernementales externes, (c\u2019est \u00e0 dire entre les nations) nous pouvons distinguer 4 p\u00f4les id\u00e9al-typiques, autour du principes de la souverainet\u00e9 contre l\u2019absence de souverainet\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de l\u2019autre de la libert\u00e9 contre la solidarit\u00e9 (la coop\u00e9ration vers l\u2019\u00e9galit\u00e9). Cela nous permet de diff\u00e9rencier 4 types id\u00e9al-typiques: le souverainisme solidaire (donc coop\u00e9ratif et social), le souverainisme lib\u00e9rale (non coop\u00e9ratif), la coop\u00e9ration sans souverainet\u00e9 et la non-coop\u00e9ration sans souverainet\u00e9. Cependant, dans la r\u00e9alit\u00e9, aucune nation ne se r\u00e9v\u00e8le compl\u00e8tement souveraine, par cons\u00e9quent les nations se situent plus ou moins proches de ces 4 p\u00f4les et 4 types. Il y a ainsi\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1) le souverainisme solidaire (donc coop\u00e9ratif et social), qui concerne les relations entre des Etats autonomes reli\u00e9s par des accords volontaires de coop\u00e9ration, tels les pays reli\u00e9s par leurs luttes contre les colonisateurs, comme ce fut le cas dans les accords de Bandung ou les relations entre Etats dans le cadre d\u2019une Conf\u00e9d\u00e9ration sociale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2) Le souverainisme lib\u00e9rale (non coop\u00e9ratif) rel\u00e8ve d\u2019une volont\u00e9 politique d\u2019autonomie sans coop\u00e9ration, c\u2019est un peu le but de la Cor\u00e9e du Nord.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3) La coop\u00e9ration sans souverainet\u00e9, concerne par exemple des nations colonis\u00e9es qui \u00e9changent volontairement ou non des biens avec les pays colonisateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4) La non-coop\u00e9ration sans souverainet\u00e9, rel\u00e8ve par exemple d\u2019Etats colonis\u00e9s, mais \u00e0 qui les Etats colonisateurs derniers ne demanderaient rien. Notons, que cette situation n\u2019a sans doute quasiment jamais exist\u00e9e. Par cons\u00e9quent, cette 4e cat\u00e9gorie ne s\u2019av\u00e8re que th\u00e9orique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Il ne faut pas confondre les notions de culture, d\u2019identit\u00e9, d\u2019identit\u00e9 culturelle, d\u2019identit\u00e9 d\u2019extr\u00eame droite et d\u2019identit\u00e9 de gauche.<\/em><\/strong> La prise en compte de la culture peut s\u2019inscrire dans une strat\u00e9gie d\u00e9fensive, nationaliste, essentialiste ou d\u00e9terministe, ou r\u00e9sulter de la libre volont\u00e9. Le bior\u00e9gionalisme associe parfois la culture, la g\u00e9ographie du lieu. Tandis que les anti-d\u00e9veloppementalistes, tel Serge Latouche, critique capitaliste de la modernit\u00e9 et de la croissance. Les anti-d\u00e9veloppementalistes pr\u00e9f\u00e8rent le mod\u00e8le des cultures traditionnelles, telle celles des peuples premiers, ils pr\u00f4nent l\u2019\u00e9mergence de syst\u00e8me locaux postmodernes au plan culturel et \u00e9conomique, en opposition \u00e0 la modernit\u00e9 du capitalisme lib\u00e9ral culturel et \u00e9conomique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 le culture peut \u00eatre essentialis\u00e9e chez certains bior\u00e9gionalistes de droite, c\u2019est \u00e0 dire qu\u2019elle peut devenir un d\u00e9terminisme fond\u00e9e sur la nature du lieu, l\u2019essence culturelle d\u2019un peuple. Mais le bior\u00e9gionalisme de gauche s\u2019appuie plus sur les relations entre la g\u00e9ographie du lieu et la culture du peuple qu\u2019il l\u2019habite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La relocalisation \u00e9cosolidaire quant \u00e0 elle, privil\u00e9gie un d\u00e9veloppement bas\u00e9 sur la \u00ab self reliance\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire l\u2019autonomie, signifies-en quelque sorte un d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique et culturel, plus endog\u00e8ne ou autocentr\u00e9. Il renforce la culture en centrant les efforts de d\u00e9veloppement sur les ressources (au travers la participation des populations notamment) et les connaissances propres du pays. La culture est alors favoris\u00e9e, car cette m\u00e9thodologie ne prend pas seulement en consid\u00e9ration les besoins essentiels physiologiques et mat\u00e9riels des populations, mais aussi les besoins culturels, qu\u2019ils soient marchands ou non marchands.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, dans le champ politique actuel, l\u2019identit\u00e9 et la culture tendent \u00e0 \u00eatre fusionn\u00e9 et assimil\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite, \u00e0 l\u2019identit\u00e9 culturelle d\u2019extr\u00eame droite, que l\u2019on qualifie \u00ab\u00a0identitaires\u00a0\u00bb. En effet, de nombreux groupes politiques situ\u00e9s g\u00e9n\u00e9ralement du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019extr\u00eame droite conservatrice, traditionnaliste et autoritaire se qualifient ou sont qualifi\u00e9s \u00ab\u00a0d\u2019identitaires\u00a0\u00bb. Cependant, ce terme ne favorise pas une analyse claire et apais\u00e9e des enjeux politiques. Car la probl\u00e9matique rel\u00e8ve moins de l\u2019identit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9rale, que de l\u2019identit\u00e9 nationaliste guerri\u00e8re ou de l\u2019identit\u00e9 r\u00e9gionaliste \u00e9go\u00efste. Afin d\u2019\u00e9viter un amalgame, un confusionnisme d\u00e9l\u00e9t\u00e8re et une confusion id\u00e9ologique, les \u00ab\u00a0identitaires\u00a0\u00bb devraient donc plut\u00f4t \u00eatre d\u00e9nomm\u00e9s les identitaires d\u2019extr\u00eame droite et les autres, les identitaires socialistes, \u00e9cologistes, d\u00e9mocratiques&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans certains pays \u00e0 bas salaires et certains pays \u00e9mergents, il existe des mouvements communistes, socialistes ou socio-d\u00e9mocrates de lib\u00e9ration nationale, qui revendiquent haut et fort leur identit\u00e9 culturelle, parall\u00e8lement \u00e0 leur identit\u00e9 socio-\u00e9conomique de gauche, lorsqu\u2019ils luttent contre la n\u00e9ocolonisation par des nations puissantes, ou au moins contre leur pression \u00e9conomique et politique. C\u2019est le cas par exemple, du mouvement kurde \u00e9cosocialiste du Rojava au Nord de la Syrie, des mouvements Kurdes de gauche en Turquie, du mouvement zapatiste au Mexique, de certains mouvements am\u00e9rindiennes aux Etats Unis. Rappelons, que la caract\u00e9ristique principale de la gauche, rel\u00e8ve prioritairement dans la qu\u00eate de l\u2019\u00e9galit\u00e9 (\u00e9conomique et sociale), notamment gr\u00e2ce \u00e0 des politiques sociales redistributives, \u00e0 l\u2019inverse de la droite lib\u00e9rale \u00e9conomiquement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, actuellement, ceux qui cherchent \u00e0 se diff\u00e9rencier prioritairement par leur culture sont d\u00e9finis comme identitaires et assimil\u00e9s aux identitaires d\u2019extr\u00eame droite autoritaires et conservateurs, c\u2019est \u00e0 dire g\u00e9n\u00e9ralement la droite de l\u2019ordre. Or, il existe des identitaires culturels de gauche, tels certains mouvements gauchistes de lib\u00e9ration de la Bretagne, tel Breizhistance, Union d\u00e9mocratique bretonne, Pour la Bretagne\u00a0! \u00c9ric Dupin est un militant de gauche, qui a r\u00e9dig\u00e9 l\u2019ouvrage \u00ab <em>La France identitaire\u00a0<\/em>\u00bb analyse les mouvements de droite et de gauche<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[11]<\/a>. Cependant, il consid\u00e8re que la gauche commettrait une grave erreur en laissant \u00e0 \u00ab l\u2019extr\u00eame droite \u00bb le monopole de l\u2019identit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019identit\u00e9 varie en fonction des secteurs. Ainsi, en psychologie une bonne estime de soi repose notamment sur une conscience claire de son identit\u00e9 et sur le fait de s\u2019aimer soi-m\u00eame, donc d\u2019aimer sa personnalit\u00e9, son identit\u00e9. Sinon la personne va souffrir d\u2019une mauvaise estime d\u2019elle-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au plan psychosociologique Alex Mucchielli relie le sentiment d\u2019appartenance \u00e0 un groupe avec la notion d\u2019identit\u00e9. En effet, il explique que : \u00ab le sentiment d\u2019identit\u00e9 est compose\u0301 de diff\u00e9rents sentiments : sentiment d\u2019unit\u00e9, de coh\u00e9rence, d\u2019appartenance, de valeur, d\u2019autonomie et de confiance organis\u00e9s autour d\u2019une volont\u00e9 d\u2019existence. Les dimensions de l&rsquo;identit\u00e9 sont intimement m\u00eal\u00e9es : individuelle (sentiment d&rsquo;\u00eatre unique), groupale (sentiment d&rsquo;appartenir a\u0300 un groupe) et culturelle (sentiment d&rsquo;avoir une culture d&rsquo;appartenance)\u00a0\u00bb. <a href=\"BIOREGIONALISME%20ET%20SOUVERAINETE%20CULTURELLE.doc#sdfootnote1sym#sdfootnote1sym\">1<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019identit\u00e9 peut aussi s\u2019inscrire dans le champ de la socio-\u00e9conomie, avec l\u2019identit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 sa classe socio-\u00e9conomique, ses int\u00e9r\u00eats de classe. A l\u2019intersection de la psychologie et de la sociologie, l\u2019identit\u00e9 s\u2019av\u00e8re donc psychosociologique. Ainsi, les diff\u00e9rents champs de l\u2019identit\u00e9 peuvent se renforcent mutuellement ou se nuire de mani\u00e8re conflictuelle. L\u2019identit\u00e9 peut aussi \u00eatre une identit\u00e9 politique, telle l\u2019identit\u00e9 des membres de partis politiques, comme le Parti socialiste, la France Insoumise, Les r\u00e9publicains, le Rassemblement National&#8230;). Il y a par ailleurs, l\u2019identit\u00e9 gouvernementale (d\u00e9mocratique d\u2019Etat, d\u00e9mocratique f\u00e9d\u00e9raliste, anti-d\u00e9mocratique&#8230;). Il existe m\u00eame une identit\u00e9 \u00e9cologique (\u00e9cologie solidaire, \u00e9cologie radicale, d\u00e9croissante&#8230;). Enfin, il y a l\u2019identit\u00e9 culturelle, ou plus simplement des cultures sp\u00e9cifiques li\u00e9es l\u2019ethnie, la nation, la culture alimentaires, la culture sanitaire, sociale, la culture technologique (appropri\u00e9e), la culture li\u00e9e \u00e0 son milieu populaire, aristocratique, d\u00e9croissant&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon l\u2019inspecteur des finances publiques, David Jaiz, \u00ab\u00a0la nation est une matrice centrale dans la construction de nos identit\u00e9s. Je vais m\u00eame plus loin la nation est de plus en plus centrale. Dans un monde o\u00f9 s\u2019affaiblissent les grandes structures collectives que sont les partis, les syndicats ou les Eglises, les gens ont besoin d\u2019avoir des identit\u00e9s collectives auxquelles se r\u00e9f\u00e9rer. Dans ce contexte, non seulement le sentiment national r\u00e9siste, mais il progresse, comme le montrent les enqu\u00eates World Values Survey. C\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne que la classe dirigeante a totalement manqu\u00e9, parce que les \u00e9lites privil\u00e9gient des sociabilit\u00e9s transnationales. Or, pour la majorit\u00e9 des gens ordinaires, la nation reste une \u00e9vidence. Alors, quand un leader populiste se propose de relever le drapeau tomb\u00e9 \u00e0 terre, cela a une force de s\u00e9duction massive\u2026 Le d\u00e9bat entre souverainisme et f\u00e9d\u00e9ralisme est une impasse dat\u00e9e \u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[12]<\/a>. On le voit, il est aussi partisan d\u2019une meilleure prise en compte de l\u2019identit\u00e9 culturelle nationale, c\u2019est \u00e0 dire mieux prendre en compte, les usages, les traditions, les savoirs faires nationaux, mais sans sombrer dans le nationalisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9fense de sa culture peut \u00eatre constructive lorsqu\u2019elle d\u00e9fend la solidarit\u00e9, la coop\u00e9ration, mais peut d\u00e9river vers la d\u00e9fense nationaliste de sa culture et devenir comp\u00e9titive, pr\u00e9datrice et guerri\u00e8re. Ce qui se r\u00e9v\u00e8le d\u00e9cisif, c\u2019est donc principalement la mani\u00e8re d\u2019user de son identit\u00e9, culturellement, politiquement, psychologiquement, plus que l\u2019id\u00e9e d\u2019identit\u00e9 en soi. En effet, les diff\u00e9rentes formes de l\u2019identit\u00e9 peuvent servir la coop\u00e9ration ou la comp\u00e9tition, la construction ou la destruction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Conclusion<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La culture s\u2019av\u00e8re fondamentale pour construire ses connaissances, sa personnalit\u00e9, puis un syst\u00e8me de pens\u00e9e et une politique coh\u00e9rente local, r\u00e9gional ou nationale coh\u00e9rente et harmonieuse. De plus, chaque communaut\u00e9 locale, r\u00e9gionale, nationale ou continentale a besoin de se r\u00e9approprier sa culture, en particulier lorsqu\u2019elle est domin\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque nation, chaque localit\u00e9 peut suivre sa propre voie de d\u00e9veloppement local et son autonomie au plan culturel, \u00e9conomique, social et d\u00e9mocratique. La technologie appropri\u00e9e, les Low Tech permettent de d\u00e9velopper l\u2019autonomie \u00e9conomique adapt\u00e9e \u00e0 sa propre culture et elle s\u2019inscrivent aussi dans le courant du recyclage pour des raisons \u00e9cologiques et financi\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons cherch\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rencier les notions de culture, d\u2019identit\u00e9, d\u2019identit\u00e9 culturelle, d\u2019identit\u00e9 d\u2019extr\u00eame droite et d\u2019identit\u00e9 de gauche. Car leur confusion g\u00e9n\u00e8re de la confusion intellectuelle et engendre des d\u00e9bats \u00e0 la fois pauvres et manich\u00e9ens sur le fond, puis finalement violent id\u00e9ologiquement puis physiquement<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, le principe d\u2019exception culturelle pr\u00f4n\u00e9 par les diff\u00e9rents gouvernements d\u00e9mocrates fran\u00e7ais notamment, au Gatt et \u00e0 l\u2019OMC, montre qu\u2019il s\u2019av\u00e8re possible de d\u00e9fendre la souverainet\u00e9 culturelle, sans sombrer dans un nationalisme identitaire et guerrier. Pour relocaliser l\u2019\u00e9conomie, il existe diff\u00e9rents courants, tel le bior\u00e9gionalisme, lui-m\u00eame travers\u00e9 par des approches de droite et de gauche, incluant la dimension g\u00e9ographique et culturelle et gouvernementale. Au plan culturel, le philosophe Charles Taylor tente de concilier la libert\u00e9 et l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans une approche communautaire de la d\u00e9mocratie. Une communaut\u00e9 a besoin de se r\u00e9approprier sa culture, en particulier lorsqu\u2019elle est domin\u00e9e. Au plan culturel, l\u2019harmonie peut \u00eatre atteinte notamment en trouvant son point d\u2019\u00e9quilibre entre le local et le global.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"http:\/\/observatoire-asap.org\/index.php\/2021\/05\/25\/thierry-brugvin\/\">Thierry Brugvin<\/a><\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> MAGNAGHI Alberto, <em>Petit trait\u00e9 sur le territoire comme bien commun<\/em>, Eterotopia, 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> ROLLOT Mathias, Les territoires du vivant. Un manifeste bior\u00e9gionaliste, Paris, Fran\u00e7ois Bourin, 11 octobre 2018, 246\u00a0p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[3]<\/a> OLSEN Jonathan, \u201cBioregionalism and Right Wing Ecology in Germany\u201d, Landscape Journal, n\u00b0 19, p. 80.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[4]<\/a> MEYRAN R\u00e9gis, \u00ab\u00a0La bior\u00e9gion urbaine r\u00e9invente la ville\u00a0\u00bb, <em>Quelles villes pour demain\u00a0? <\/em><em>Sciences Humaines<\/em>, mars 2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[5]<\/a> MEREDITH Dianne, \u201cThe Bioregion as a Communitarian Micro-region (and its limitations)\u201d, <em>Ethics Place and Environment<\/em>, Vol. 8, N\u00b01. Mars 2005. p. 87<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[6]<\/a> NYE Joseph, <em>Soft Power, The Means to Success in World Politics<\/em>, PublicAffairs Ltd, 2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[7]<\/a> PREISWERK, 1980, p.153 et p.180.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[8]<\/a> BODIN Jean, <em>Six livres de la R\u00e9publique,<\/em> 1576, p.122 et p.125<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[9]<\/a> LE FUR Louis, <em>\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral et conf\u00e9d\u00e9ration d&rsquo;Etats<\/em> (1896), Decitre, 2000, p.\u00a0443.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[10]<\/a> DARDOT Pierre et LAVAL Christian, <em>Aucune souverainet\u00e9 d\u2019\u00c9tat au monde ne permettra de pr\u00e9venir les pand\u00e9mies, <\/em>Institut de Recherches de la FSU, 11\/05\/2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[11]<\/a> DUPIN Eric, <em>La France identitaire<\/em>, <em>Enqu\u00eate sur la r\u00e9action qui vient, <\/em><em>La d\u00e9couverte, 2017.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[12]<\/a> DJA\u00cfZ David \u00ab Nous devons trouver un moyen de civiliser \u00e0 nouveau le capitalisme \u00bb, Propos recueillis par DE ROYER Solenn, Le Monde, 30 d\u00e9c. 2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise sanitaire et \u00e9conomique de la Covid fait monter l\u2019id\u00e9e de la relocalisation, s\u2019av\u00e8re un choix politique visant \u00e0 prot\u00e9ger l\u2019\u00e9cologie, la culture, l\u2019\u00e9conomie, le social ou la d\u00e9mocratie. 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