Interview

Entretien auprès de Philippe Anton

Entretien par Denis Cristol, mené auprès de Philippe Anton, chargé de mission DGS à la Mairie de Limoges.

Aujourd’hui, qu’est ce qui vous semble le plus important pour vous dans vos fonctions de chargé de mission au sein de la Mairie de Limoges ? 

En tant que chargé de mission DGS au sein de la municipalité de Limoges, je considère aujourd’hui que l’aspect le plus important concerne les aspects méthodologiques. C’est en effet la question des méthodologies dites innovantes qui me semblent essentielles, pour animer et dynamiser les territoires.

Il est en effet fondamental que ces méthodologies inspirantes puissent infuser dans les territoires et que les acteurs traditionnels guidés par leurs vieux réflexes bureaucratiques  s’impliquent.

Comment dans les faits, un territoire apprend ? 

Bonne question. En fait, un territoire peut apprendre, en développant au sein de de son écosystème, une approche prospective et participative. Une telle démarche  pourrait notamment se traduire à différents étages stratégiques , intermédiaires et opérationnels. Cela passe par un management de communautés de pratiques de différents formats et styles, dans lesquels la construction et la médiatisation des instruments psychologiques et sociaux constituent des leviers d’apprentissage inter-organisationnels .

Il faut ici être conscient que les soutiens dans ce type de démarche sont fondamentaux ,  notamment la Direction des Ressources Humaines  ( voir sur ce point, les travaux d’Henri  Savall à ce sujet) .

La question qui pourrait être intéressante serait de voir comment concrètement on peut arriver à innover au sein d’un territoire donné, sans les soutiens des RH, et l’apport de l’exécutif politique et administratif.

Que risque-t-on de ne pas innover ? 

Le risque est de s’enfermer dans un gel des pratiques, qui risque de produire des actions routinières issues du passé et peu en lien avec les attentes du territoire.

Un autre risque concerne naturellement les effets liés à l’automatisation et la routinisation opératoires ( cf. champ clinique de l’activité) qui limitent l’initiative, l’expérimentation et l’innovation terrain.

Quelle intelligence collective susciter pour créer de nouvelles valeurs ajoutées sur le territoire ?

Au regard de ce qu’on peut voir dans différents travaux centrés sur l’intelligence collective, il existe plusieurs écueils dans le domaine des démarches participatives. Une telle approche ne va pas nécessairement de soi et demande attention et précaution.

Cela nécessite notamment la construction de formes d’espaces hybrides avec une ingénierie de ces espaces, dont le point cardinal pourrait s’appuyer sur la construction d’un socle valoriel travaillé dans une démarche de préfiguration. C’est à cette condition que l’on peut envisager de manière raisonnable et efficace, de vraies innovations sur le territoire.